dimanche 1 février 2009

Dans lequel un un premier gredin meurt

Pierrot est chez son oncle et sa tante pour échapper aux bombardements sur Brest. Il a malencontreusement laissé s'échapper le cochon familial ce qui a provoqué la colère de sa tante. Celle-ci l'a menacé de « l'envoyer à la Dame Blanche ».Le soir, alors qu'ils rentrent à la maison, l'oncle accepte de raconter.

L'histoire commence donc il y a très longtemps. Des naufrageurs habitaient alors dans la région.Pendant leur retour à la maison, son oncle raconte à Pierrot le naufrage d'un navire Hollandais, chargé d'oranges. Pierrot comprend, malgré les silences de son oncle, que quelque chose de terrible est arrivé au jeune capitaine de ce vaisseau.

L'épouse du capitaine arriva peu après à Audierne, car quelque chose lui paraissait étrange dans cette histoire de naufrage. Un groupe d'hommes rencontrés « chez Jeanne Plomb » accepte de la conduire sur les lieux le lendemain.

En rentrant chez sa tante avec son oncle, alors que la nuit tombe sur la lande, Pierrot s'inquiète pour elle qui doit rentrer seule dans la nuit.


Pierrot sursauta !

« c'est quoi ce bruit ? Dis t'as entendu c'est quoi ce bruit ?!

- quel bruit ?

- mais, ça là !à écoute !




- ah ça ? » L'oncle souriait dans le noir, « mais petit c'est une chouette ! Tu ne l'as jamais entendue la nuit ? »


Le petit garçon lançait à présent des regards inquiets vers la lande. Oh si il l'avait bien entendue cette chouette mais il ne savait pas ce que c'était et surtout il était alors à l'abri et au chaud dans la maison de son oncle et de sa tante. Mais là, il se sentait à la merci de l'oiseau, qu'il imaginait immense (en tout cas bien plus grand que la chouette hulotte aperçue un soir à Brest) et sanguinaire, comme tous les rapaces nocturnes (toujours mis à part la hulotte, qui lui avait paru presque sympathique alors).


Et soudain elle apparut :



Pierrot ne put réprimer un réflexe de préservation et il s'allongea au sol. Son oncle se joignit à lui et, tandis qu'ils observaient le ballet aérien de cette belle dame blanche, il reprit son histoire.


« les gars, vous avez vu un peu la dame ? Mais fi'd'garce c'est le portait craché de celui de la montre ! Et puis le blanc c'est bien la couleur du deuil pour les grandes dames, non ? Et elle, elle m'a l'air d'une sacrée grande dame pour venir ici...

- merde, Paol, t'as raison... Qu'est-ce qu'on va faire ? Et pourquoi qu't'as dit oui si tu savais tout ça ?

- ben pour voir ce qu'elle veut vraiment, et pourquoi pas l'embobiner si c'est possible...

- Bon ben moi j'vais m'rentrer...

- T'as raison, moi aussi, mais j'vais couper par la côte ce soir, la journée de demain risque d'être longue et j'aimerais bien être en forme


Les deux autres regardèrent Paol s'éloigner vers la falaise, pour récupérer les chemin des douaniers. Ils crurent voir une ombre blanche passer furtivement au même instant et se diriger dans la même direction, mais ce fut si bref et imperceptible qu'ils n'en parlèrent même pas. Leur conversation était beaucoup plus axée sur ce qu'ils risquaient si jamais la dame reconnaissait les bijoux de son capitaine d'époux.


« Madame, Maadaaameuh ! La maréchaussée vous fait mander en bas ! ». C'est en criant ces mots que le servant de l'Hostellerie du Roi Gradlon tambourina à la porte de la dame de Hollande arrivée il y a peu à Audierne. Les gendarmes s'étaient présentés à lui en milieu de matinée en demandant à la voir. Ils tenaient à lui restituer une montre découverte le matin même sur un cadavre retrouvé au pied de la falaise à Plouhinec.


« Bonjour Messieurs, » dit la dame en pénétrant dans le salon où les gendarmes l'attendaient.

« L'on m'a dit que vous aviez en votre possession une montre qui m'appartiendrait ? J'en suis très étonnée. N'habitant pas dans la région je ne comprends pas comment un de mes effets pourrait être ici.

- Madame, il semblerait que cette montre ne soit pas un de vos effets personnels, mais plutôt de ceux de votre défunt époux.


La Dame tressaillit, elle n'avait parlé à personne de son mari. Comment ces gendarmes pouvaient avoir fait aussi rapidement le lien ?


« Deux compagnons de la victime, un certain Paol, nous ont déclaré que le portrait sur l'intérieur de cette montre était le vôtre, et ma foi, la ressemblance est en effet frappante. »


Ainsi, Paol ou l'un de ses deux amis avaient compris qu'elle était l'épouse du Capitaine.


« Mort dites-vous ? Mais comment ?

- Il a été retrouvé ce matin à la marée descendante, bloqué dans un trou de crabes (les sales bêtes avaient d'ailleurs commencé leur besogne). Il est tombé, après une soirée arrosée, semble t'il, du haut de la falaise et s'est fracassé en bas. Ensuite une roche s'est apparemment détachée de la falaise et l'a écrasé dans le trou dans lequel il a été retrouvé.


Le servant écoutait discrètement cette conversation. Ce matin, à la criée des gens parlaient d'un rire sardonique sur la lande à Plouhinec. Les vaches auraient fait du lait ribot à ce qu'on disait à cause de ce rire.


« Tiens, ça y est elle a trouvé une proie la chouette ! Regarde la plonger dessus ! Bientôt elle s'envolera à nouveau et son plumage si blanc sera très certainement tâché de sang. »


Pierrot frissonna encore, le vol de la dame blanche était beau à voir mais gardait tout de même un aspect inquiétant. Il n'arrivait pas à s'expliquer en quoi. Etait-ce parce qu'elle paraissait si humaine ?


« Allez là faut vraiment qu'on rentre, hop au trot Pierrot ! »

11 commentaires:

  1. Il y a un "un" de trop dans le titre. Et hop, au trot Pierrot ! ;-)

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  2. " La bébête blanche qui vole, ça ne mange pas les écureuils ??"

    @ bientôt

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  3. J'ai oublié de dire que le titre, lu dans mon Netvibes, avait failli avoir ma peau...

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  4. @Farid oups !

    @Zoridae <3 :)

    @Eric, si il paraît... mais bon les légendes, tout n'est pas vrai dedans

    @Ferocias c'est si fastidieux que ça à lire ? ben mince alors :)

    @Zoridae à cause du "un" de trop ?

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  5. Non, parce qu'il annonce un événement terrible !

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  6. hi ! hi ! hi !

    le prochain risque de te terroriser alors !

    va falloir que j'invente une signalétique pour informer mes lectrices sensibles au sort des gredins

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  7. Sans s'presser alors...
    Patience donc...

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