lundi 26 janvier 2009

Dans lequel on découvre trois gredins

Pierrot est chez son oncle et sa tante pour échapper aux bombardements sur Brest. Il a malencontreusement laissé s'échapper le cochon familial ce qui a provoqué la colère de sa tante. Celle-ci l'a menacé de « l'envoyer à la Dame Blanche ».Le soir, alors qu'ils rentrent à la maison, l'oncle accepte de raconter.

L'histoire commence donc il y a très longtemps. Des naufrageurs habitaient alors dans la région.


L'escalade fut facilitée par les bouts rompus lors du naufrage et qui pendaient le long de la coque. Alors que le reste des hommes du village arrivait au pied de l'épave, les trois compères étaient déjà sur le pont, scrutant à la lumière intermittente de la lune, ce qu'ils pourraient grapiller facilement.


L'un d'eux repéra la porte de la cabine du Capitaine. « Les gars, s'il y a quelque chose de précieux sur ce rafiot, c'est là qu'on le trouvera ! ». Ils se ruèrent donc en direction du gaillard d'arrière. La porte était sortie de ses gonds. Ils pénétrèrent à pas de loups (ils avaient tous le souvenir des récits des anciens dans lesquels des officiers de navire vendaient chèrement leur peau). »

Pierrot commençait à frissonner... Le soleil était maintenant couché, mais il n'y avait pas que la fraîcheur qui lui donnait la chair de poule. Son oncle s'en rendit compte et lui dit : « allez hop ! En route ! Ta tante va finir par s'inquiéter. ». Ils descendirent donc de leur muret et se mirent en chemin vers la maison. « dis p'tit, t'es sûr de vouloir connaître la suite ? ». Pierrot acquiesça du menton.

« En pénétrant dans la cabine ils entendirent un râle, faible, un peu assourdi. Un vrai capharnaüm régnait dans cette pièce. Tous les meubles s'étaient détachés et avaient suivi les mouvements de la coque. Un lourd coffre gisait au milieu de la cabine. D'où ils étaient ils pouvaient deviner deux jambes, joliment chaussées, sous ce coffre. Le râle semblait provenir de l'autre côté. Ils s'approchèrent furtivement. »

L'oncle regardait Pierrot marcher à ses côtés. Comment allait-il pouvoir aborder ce moment un peu difficile de l'histoire ? Est-ce que le p'tit n'allait pas faire des cauchemars à n'en plus finir après ? Oh et puis merde, c'est lui qui voulait la connaître c'te histoire !

« Les trois compères découvrirent le visage d'un homme jeune. Souffrant le martyre, écrasé par sa malle de voyage. « hilfe ... hilfe ... ». Il tira difficilement une montre à gousset de sa poche, l'ouvrit et montra à ses trois « sauveteurs » le portrait d'une jeune femme, belle et apprêtée comme pour un mariage. « hilfe ... hilfe ... ».

Ensuite tout alla très vite, les hommes du village virent ressortir les compères de la cabine. Ils y découvrirent par la suite le capitaine du navire, écrasé sous sa malle. En regardant plus, ils auraient pu s'apercevoir qu'il lui manquait une oreille et un doigt, mais dans l'excitation du moment, personne ne prit la peine de le dévisager bien longtemps. La mer allait commencer à descendre et il allait devenir dangereux de rester sur l'épave. Il était temps de finir de fouiller le bateau. »

Pierrot et son oncle arrivaient en vue de la maison. L'homme n'était pas peu fier de sa pirouette qui lui avait évité de trop s'appesantir sur l'épisode sanglant. Mais bon en observant le gamin, il se demandait s'il avait réellement bien fait. Pierrot semblait perdu dans ses pensées en regardant tour à tour vers le large puis vers le village en contrebas.


« bon allez à la soupe ! Tu dois avoir faim après cette ballade ! »

- tu me raconteras la fin, après ?

- d'accord, mais tu es sûr ? Ça ne te fait pas trop peur hein ?

- non ça va... »


En entrant ils furent reçus par un « bond'là ! C'est à c'te heure que vous rentrez ? » qui mit fin à leur conversation.


photo : Gaël FONTANA


8 commentaires:

  1. quelle maîtrise dans l'art de ménager le suspens...

    belle photo.

    RépondreSupprimer
  2. Très belle police de caractères !

    RépondreSupprimer
  3. C'est risqué de raconter un naufrage. Tu fais plus que surnager, tu nous tiens la tête hors de l'eau. C'est qu'il faut en ce moment.

    RépondreSupprimer
  4. Bon, c'est pas tout ça! Et la suite ?

    RépondreSupprimer
  5. Un roman fleuve! Et tu n'as même pas dit que tu t'es relu, dans la chaîne des 6 livres!

    RépondreSupprimer
  6. @Tulipe merci, pour la photo je ne peux que te conseiller le blog de Gaël

    @Nicolas je savais que l'arial en 12 te plairait

    @Mtislav merci beaucoup, pourvu que je sois assez costaud pour toutes et tous vous ramener à la côte

    @Mlle Cigüe ça vient promis !

    @Le coucou je ne me relis jamais en fait, j'aime pas ça :) donc soyez sympas s'il y a des fautes d'orthographe, des lourdeurs ou si par moment ça devient incompréhensible (j'ai de la fièvre en plus depuis ce matin) :)

    RépondreSupprimer
  7. Tu vas finir par te dire que j'ai un jour de lecture d'article en retard ?

    - Non !

    Comme je me demande où tu nous entraines, je lis ta série avec beaucoup d'attention et de sérénitude.

    ;-)

    Bésitos

    RépondreSupprimer
  8. j'essaie de penser à ton jour de retard, mais là il faut que je finisse tant que j'en encore le temps

    RépondreSupprimer

laissez moi un commentaire, ça fait toujours plaisir

(ne vous fâchez pas par contre, j'ai modéré les commentaires pour les billets ayant plus de 5 jours)