La semaine dernière j'entendais Bernard Friot dans « là-bas si j'y suis » expliquer que l'on se foutait de nous dans l'histoire de l'impossibilité de continuer à financer les retraites selon le principe de la répartition. Je ne savais pas trop comment retranscrire les masses d'informations de
cette émission, écoutable (et il faut l'écouter je pense pour comprendre que
manifester demain (voire
faire grève pour celles et ceux qui le peuvent)
peut être utile, même si je comprends la
lassitude de Cycee).
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| TINA, qui joue au poker |
C'est un économiste et sociologue qui étudie notamment le salariat. Il a écrit « l'enjeu des retraites » cette année, et part du postulat de base : « on nous enfume avec le TINA qui entoure le financement des retraites. (
TINA : There Is No Alternative => en gros, infestons les médias de masse de chiffres, de petites phrases, de « spécialistes », disant qu'il y a un problème pendant quelques années, laissons le bon peuple mariner dans cette ambiance, et proposons une « réforme » dure en la présentant comme celle de la dernière chance. Le TINA est utilisé à toutes les sauces, et la plupart du temps ça marche pas mal).
L'exemple d'enfumage qui aurait pu être fait en 1944, selon Bernard Friot, le voici :
« en 1944, il y avait 15 millions de paysans pour nourrir 40 millions de Français, et comme on sait qu'en 2010 il restera 1 millions de Français pour nourrir 60 millions de Français, on peut prédire une immense famine en 2010 ».
Enfumage total, bien qu'il y ait trop de gens qui ne mange pas à leur faim actuellement en France. Car ce qui n'est pas dit dans cette « démonstration » c'est que la productivité en agriculture a largement compensé les effets de l'exode rural.
Que dit Bernard Friot sur le financement des retraites par répartition ?
Il dit la chose suivante. En 2010, le PIB (grosso modo la richesse du pays) s'élève à 2 000 milliards d'Euros (par an). Les retraites, coûtent sur ce PIB 13%, soit 260 milliards d'Euros par an. Ce qui nous donne ce joli camembert :
Et combien qu'il reste en 2010 ? 1 740 milliards
On y arrivera pas ? Voyons ce qu'en pense Bernard Friot : On nous parle de taux de croissance à 1,7 %. Ce qui représente en doublement du PIB d'ici 2050. Comme le nombre de retraités va augmenter, ben oui on vieillit mon bon monsieur, il faudra donc trouver 820 milliards d'Euros pour financer les retraites. Ce qui donne ce beau camembert :
Et combien, qu'il reste en 2050 ? 3 280 milliards...
KEWA ?! Il restera plus de sous en 2050 qu'en 2010 ?! Mais alors poussons le raisonnement encore, propose Bernard Friot : exigeons que les manifestations à venir, non seulement bloqueront les « réformes » en devenir mais aussi celles déjà passées et basées sur cet enfumage du « y a plus d'sous ! ». Supprimons la réforme Balladur, faisant passer aux 25 meilleures années les salariés du privé, retour aux dix meilleures années pour tous avec un SMIC au minimum, etc... On passe à 21 % du PIB de 2050, soit 840 milliards d'Euros. Et on obtient ce dernier camembert :
Et combien, qu'il reste en 2050, après l'abrogation des réformes précédentes ? 3 160 milliards...
« y a plus d'sous, qu'on t'dit ! » Vraiment ?
(ne pensez pas que j'ai tout compris tout seul comme ça, je me suis aidé d'une vidéo conseillée par un ami :
et puis, juste pour finir, tu te dis que c'est bien beau mais les 21 % de PIB va falloir les trouver, qui va payer ? Et là je suis bien d'accord, avec une part des salaires dans le PIB qui a baissé de 9.3 % depuis les années 80 (autre
excellente émission avec François Ruffin de
Fakir cette fois), il va bien falloir aller le chercher ailleurs que chez les salariés ce pognon...
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