lundi 14 novembre 2011

« La stratégie du choc », au tour de l'Europe ?


Ce matin, j'ai cru recracher mon café en écoutant Dominique Seux à la radio. Il commençait sa chronique par cette réponse à la question de Patrick Cohen :

« Patrick Cohen : Silvio Berlusconi en Italie et George Papandréou en Grèce ont été chassés du pouvoir ces dernières heures. Les marchés ont-ils pris les commandes ?
Dominique Seux : Oui, et ce n’est bien sûr pas acceptable dans des grandes démocraties comme les nôtres. « C’est une dictature de fait », a dit hier dans le « JDD » Jean-Pierre Jouyet, patron de l’Autorité des Marchés financiers. »

« une dictature de fait », c'est bien Dominique Seux qui prononce ces termes. Oh rassurez vous la phrase suivante commence par « Cela étant » et les gouvernements deviennent responsables de cette situation, en gros : personne ne les a obligé à emprunter, et ma main dans ta gueule ?!

Ce début de chronique illustre bien le fait que l'Europe vient d'entrer dans une nouvelle phase de la gestion de crise, à la sauce néo-libérale (tendance école de Chicago) que décrit si bien Naomi Klein dans « la stratégie du choc ». Ce livre retrace les précédents épisodes d'application de cette stratégie qui peut se résumer ainsi :

« Voici donc comment fonctionne la stratégie du choc : le désastre déclencheur – le coup d'État, l'attentat terroriste, l'effondrement des marchés, la guerre, le tsunami, l'ouragan – plonge la population dans un état de choc collectif. Le sifflement des bombes, les échos de la terreur et les vents rugissants « assouplissent » les sociétés, un peu comme la musique tonitruante et les coups dans les prisons où se pratique la torture »...

Si l'on prend l'exemple grec, en quelques mois, on a bien vu l'enchaînement, pourtant annoncé depuis quelques mois (voir chez Paul Jorion) :
  • faillite annoncée de l'état
  • mesures d'austérité de plus en plus drastiques, fortement contestées par l'opinion,
  • gouvernement d'union nationale, avec à sa tête des techniciens, et en plus l'arrivée de l'extrême droite...
  • les prochaines étapes, ne vont très certainement pas être du goût des populations...

Et la France, alors ? On va rester une exception ? Ou comme le laisse supposer cet article de Juan, va se diriger vers une union nauséabonde ? Il ne faudrait pas voir à oublier que les premiers plans de rigueur arrivent.

Franchement que cette chronique de Dominique Seux ait été diffusée le jour de la venue d'Arnaud Montebourg sur l'antenne, fut un formidable coup de pouce à celui-ci, qui ne cesse de clamer que la seule solution à cette crise est la sixième République ! Cela éviterait, je pense, une révolte qui finira par exploser, peut-être.



pour en savoir plus sur « la stratégie du choc », écoutez l'interview de Naomi Klein


"Monsieur Sarkozy cherche en effet à appliquer une stratégie de choc : profiter de la crise pour aller plus loin et plus vite dans les réformes néolibérales, qu’il s’agisse de la réforme de la santé, de la révision générale des politiques publiques, de la flexibilisation du marché du travail et des nouveaux allègements de taxes pour les entreprises".
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7 commentaires:

  1. Un écureuil qui boit du café ! C'est fortiche !

    Preums ! Et bobiyyé !

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  2. @Captain Haka c'est fort de café en effet :=)

    @Captain Haka et Nicolas je vous remercie !

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  3. et ça ne va faire qu'empirer !
    regarde la sécurité sociale !

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  4. oui les années à venir vont être dures si on ne gagne pas en 2012

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