lundi 23 mars 2009

Un billet dont Balmeyer est le héros,


La salle d'accueil était blanche, propre. Deux chaises, blanches aussi, attendaient que des fessiers; mous ou altiers, prennent place. Aucune décoration. Sur une table basse, désespérément blanche aussi, deux magazines, écornés et griffonnés, avaient été jetés à la va-vite par des gens pressés de sortir de cette pièce, qui toute aseptisée qu'elle était n'en était pas moins quelque peu oppressante.
Il était donc là. Las d'attendre et quelque peu groggy par le « voyage ». Drôle d'expérience tout de même la désincarnation. Il avait bien lu un reportage dans Gala-Voici-PAriMatch de la semaine précédente mais ne s'attendait pas à le « vivre » si tôt. (« vivre » si tôt, il pouffa tout seul de son bon mot... et se demanda comment il pourrait le ressortir dans son blog... Ah ben non, le blog c'était fini... D'ailleurs est-ce qu'il y avait Internet « après » ?).
Perdu dans ses pensées son regard croisa son image dans le miroir. Son chapeau melon bariolé lui rappela qu'il avait eu l'indécence de tirer sa révérence au beau milieu de la petite fête qu'avait organisée sa douce et tendre, à l'occasion de ses 145 ans. 145 ans... Ah il avait bien eu raison d'arrêter de manger de la viande ! Son régime végétarien, puis végétalien, et enfin purement minéral (suite au mouvement de révolte des plantes aidées des monstro-plantes venues de Véga en renfort). Beaucoup s'étaient gaussés de son changement de régime alimentaire, mais il avait senti le vent tourner ! Le règne hygiéniste était de retour : sus à la clope, sus à l'alcool (sauf pour le vin, « on est Français, nous madame ! ») et enfin sus à la bidoche. Ah ils avaient ri bêtement les autres, n'empêche que maintenant il pouvait leur montrer que lui avait eu raison ! Il avait tenu 145 ans, bazar de bazar, et au boulot qui plus est ! Et tous les viandards où étaient ils ? Ils et elles avaient tous cassé leur pipe depuis bien longtemps... Il ne prêtait pas attention aux rumeurs d'enlèvements et de camps de rééducation hygiéniste... Il avait bien revu une fois son ancien copain rital, complètement hagard, errant dans les couloirs du métro à la recherche d'un bout de sandwich au salami de soja, mais il s'était dignement retourné pour fixer avec attention les joints dans la faïence (« quels artistes tout de même ces faïenceurs ! »).
145 ans donc. Il avait bien quelques instants à perdre avant de connaître le Destin qu'on lui réservait. Il jeta un oeil sur les magazines, seule occupation puisque la salle était vide d'occupants. Il ne pouvait donc pas s'amuser comme à son habitude à regarder en douce les travers (« de porc, ah non, mince, ne pas parler de bidoche, c'est pas le moment ») de ses con-temporains et imaginer comment les reprendre dans un billet bien senti sur l'état du monde.
Le premier était un catalogue « nouvelles frontières » dont la une était barrée d'un bandeau « Et maintenant ? Qu'allez vous faire ? ». Un autocollant promotionnel vantait le climat de steppes d'Asie centrale, « idéales pour une vie de contemplation de la poussière voletant dans le vent. Une réincarnation paisible et pleine de tranquillité ». Le second était un exemplaire du « Figaro Libéré en 20 Minutes » (un des deux derniers journaux d'actualité). La une était celle de l'année dernière : « notre très Grand Homme réincarné en lui-même pour la 2ème fois ! Jour d'allégresse nationale ! » Ah ! Quelle fête cela avait été ! Des cailloux couverts de lichens avaient été distribués à cette occasion. Le lichen était le dernier aliment organique autorisé puisque les scientifiques avaient encore du mal à le classifier (champignon, algue, un peu des deux ?). On avait donc suçoté en choeur pendant les 30 jours de fête nationale.
Ah là là... Est-ce que cette vie allait vraiment lui manquer ? Plus il regardait la une du journal plus il en doutait. En fait, travailler jusqu'à ses 145 ans, échanger les mêmes blagues le matin autour de la machine à marc de café (on en avait retrouvé des mines dans les décharges et le commerce était florissant. Les caféiers ayant donné ce café ayant disparu depuis belle lurette, les plaintes déposées par la Ligue de protection des Végétaux avaient été déclarées irrecevables, heureusement car le café produit à partir de poudre de bauxite mettait des lustres à infuser... et avait un goût quelque peu métallique).
« Plom plom plom, c'est un peu long, là, non ? ». Cette pensée à peine esquissée, une loupiote rouge s'alluma au-dessus d'une porte (blanche, ouais je sais...). Balmeyer se leva, lissa sa queue de pie, recentra son chapeau melon et s'approcha. « Enfin ça bouge un peu... ». Il agrippa la poignée de porte, et, timidement l'actionna.
« ben mince alors ! » fut sa seule réaction en tombant sur un palier distribuant vers trois nouvelles « portes ». L'une était ornée de moulures très alambiquées, deux chandeliers étaient situés de part et d'autre. Dessus était inscrit en lettres d'or : « Byenvenüe ».
La seconde était en fait une entrée de grotte. Sombre. Gardée par une statue de troll gigantesque d'un côte et d'une licorne de l'autre. Devant cette entrée, un paillasson fait en poils de mammouth laineux (peut-être hein, Balmeyer n'ayant que rarement rencontré de mammouth laineux, il supputait...) dont une partie, teinte en rouge indiquait « groumpf ».
Enfin la troisième ressemblait à s'y méprendre à un sas d'accès à une navette spatiale. « Discovery 1 » était inscrit en rouge dessus. Rien d'autre.
rendu là, ami(e) lectrice ou lecteur, c'est à toi de m'indiquer vers quelle porte doit se diriger notre copain Balmeyer afin que l'on imagine ensemble quelle pourrait être sa nouvelle vie
la règle est simple, envoie par commentaire avant MERCREDI matin (tu vas voir c'est facile) :
1 pour la porte n°1,
2 pour la porte n°2
3 pour la porte n°3
prix d'un commentaire local plus 0,95 € HT par caractère (sois concis(e)). L'ensemble des recettes sera bien entendu reversée à une cause charitable comme augmenter le nombre de BD présentes dans ma bibliothèque ou bien m'offrir une place de concert
je compte sur toi !
PS : si tu veux, égoïstement, économiser tes petits sous, tu peux toi aussi choisir une porte et imaginer la suite, voire imaginer une toute autre nouvelle vie à Balmeyer.

19 commentaires:

  1. Je vote 1. Bon, où j'ai mis mon porte-monnaie maintenant...?

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  2. Le melon cosmique: 3

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  3. Porte 2, pour une rencontre avec José Bové le tout puissant président de la Ligue de protection des Végétaux !
    (merde ça va me coûter cher ce com)

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  4. De toutes les façons, il va se tromper de porte.

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  5. @Homer en effet u tel commentaire risque de te couter cher

    @Jean je le note

    @L'autre bienvenue par ici ! trés bien je note un 3

    @Rimbus je viens d'avoir ton banquier, tout est arrangé

    @comm&come okay je note

    @Nicolas habitué des sms de la star ac ?

    @Mtislav argh bien vu :)

    bon reprenons :

    porte 1 : 1
    porte 2 : 3
    porte 3 : 2

    encore deux jours de suspense insoutenable !

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  6. Excellent Gaël,
    porte n° 1,
    candélabres et massage finlandais (tonique, tonique) pour maso à chapeau melon.

    Quitte à se priver, autant finir par être gaté...

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  7. @Dorham merci !

    bon je note porte 1

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  8. @Ferocias je le note je le note !

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  9. mé non :) le pire (ici) est à venir !

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  10. si j'ai bien compté il manque un vote pour la porte 2 et avoir une égalité...
    comme j'aimerais bien lire 3 nouvelles vies possibles, je vote 2.

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  11. 2 koi T ki P en BD, ja V K lir mi E...

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  12. @Tulipe je le note !

    (pour les paiements tu peux bien entendu profiter d'un étalement :) )

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  13. Et crotte de biquouille, j'avais pas vu "avant mercredi matin", il est 12h30... j'ai voté 3

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  14. oh on va pas s'arrêter à un règlement obtus (de toute façon sur blogit j'ai donné jusqu'à mercredi soir, alors hein ?)

    bon je note 3

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