IAM – Habitude Lyrics
Featuring: Faf La Rage
Track 10 on Arts Martiens
[Intro
- Akhenaton]
Aucun
visage ne me regarde
Et
sur les quelques pièces que je glane
A
la sortie des magasins, après l’office
Le
côté face aussi me donne le profil
[Couplet
1 - Shurik’n]
Le
soleil tombe avec les degrés
Depuis
ce matin je marche, mais là mes pieds sont las, il faudrait que je pense à me
poser
Que
je me trouve un porche ou un coin tranquille, bien abrité
A
l’écart des regards, la tolérance est souvent mal imitée
Parfois
j’aimerais être invisible tout comme ces fantômes
Ne
pas voir ces yeux, qui ne me regardent pas comme on regarde un homme
«
Bonjour madame, n’ayez pas peur, non, je ne suis pas dangereux
Je
vous tiens la porte c’est tout, c’est pas à votre sac que j’en veux »
C’est
qu’un « bonjour », ça ne vous coutera pas 1 €
Allez
fouillez votre cœur, y a encore peut-être quelques mercis
Je
vous jure c’est pas de ma faute si tout le pays par en vrille
Je
suis là par manque de chance, la vie a ses sombres héros
Comme
une ombre au tableau, je croise des routes sans jamais laisser de trace
S’il
vous plait, voyez moi, une fois avant que le vieux ne m’efface
Je
sais c’est dur car vous me percevez comme un peut-être
Alors
c’est presque par instinct que vous tournez la tête
C’est
vrai je dors là, où vos chiens ont leur chiottes
Je
gêne les amoureux qui sur les bancs, le soir se bécotent
Et
si le vent parfois me force à squatter vos entrées
N’oubliez
pas, même les vaincus ont droit au respect
Et
si le dédain était armé, je serais mort 1000 fois
Comme
ceux qu’on trouve le matin gelés et morts de froid
Mais
là c’est pire ma présence ne choque même plus
Le
temps défile et doucement je deviens une simple habitude
[Refrain
- Akhenaton]
On
ne me voit plus, je suis transparent, une habitude
Les
regards glissent, sur mes affaires entassées sur ce trottoir vide
C’est
tout ce qui me reste, mon testament
On
ne me voit plus, je suis une silhouette
Une
ombre sans utilité
Comme
disent hommes et femmes pleins de futilités
Je
ne suis qu’une habitude, ou aucun pas ne s’arrête
[Couplet
2 - Faf Larage]
On
vit l’hiver gelés par la honte
Le
froid et l’été, l’indifférence des passants nous fait de l’ombre
Sur
un trottoir, un banc on dérange, chacun sa croix
Une
pièce, de l’eau courante, un trésor qu’on ne trouve pas
Le
soir on marche en petit groupe, livrés à nous-mêmes
Rien
qui nous retient ici, ni maison, ni repères
Nos
souvenirs, nos joies dans des sacs poubelles
On
brave le quotidien et voit nos espoirs à la baisse
On
fuit la loi et l’ordre qui nous chassent parce qu’on n’a plus de sous
Ils
ont saisi ma dignité avec mes biens un jour
Depuis
je vous regarde, faire semblant de ne pas me voir et ça me marque
Plus
que le temps à tuer sur le goudron une tache dans ce parc
Vos
non dits qui en disent long me rattrapent
Et
parmi nous beaucoup se résignent face au mépris, ils signent
Pour
une idylle avec une bouteille vide
On
ne juge pas, on a tous une histoire, je ne vous le souhaite pas
Je
pourrais être vous, vous pourriez être moi
Alors
je rêve devant les vitrines, tant pis si c’est pour de faux
Je
sais que la rue ne fait pas de cadeau
J’essaie
d’être fort même dans le caniveau
Je
ne suis qu’une statue de chair parmi vous
Et
à la fin j’aurais joué mon rôle jusqu’au bout
Mais
les spectateurs m’ont fait défaut
[Refrain
- Akhenaton]
On
ne me voit plus